Si Montréal n’existait pas, il faudrait l’inventer

Le Gaulois, Aix en Provence

Le Gaulois, Aix en Provence

Est-ce que la France me manque? C’est ce que je me suis posé comme question en retrouvant ce croquis fait l’an passé, assise à une terrasse d’Aix en Provence, où je m’exilais une fois par semaine avec mes crayons pour profiter des marchés, et des couleurs vraiment unique à cette ville Provençale.

Mon retour au Québec a été remis en question tellement longtemps (voir précédent billet, Partir pour mieux revenir) depuis presque 2 ans en fait, que maintenant bien atterri dans mon 4 et demi, je me demande pourquoi j’ai mis tant de temps à me questionner, à rebrasser les possibilités quand tout ce dont j’avais envie, c’est de me retrouver ici, dans mon cocon sur le plateau, un soir d’automne où dans l’air on sent la terre humide et fraiche, la nature qui s’endort pendant qu’un nouvelle saison elle se réveille.

S’il y a quelque chose qui m’a terriblement manqué durant les 4 dernières années, et qui m’a fait revenir, ce sont les saisons du Québec. Ces changements qui s’opèrent en moins de 2 semaines, où l’on est pressé de faire le deuil d’un été toujours trop court, pour en même temps s’avouer que ça fait du bien de passer à autre chose, fermer un chapitre pour en ouvrir un autre qui amènera avec lui différents états d’âme, un renouveau de notre énergie et un changement de notre rythme de vie.

J’aime l’air frais des jours d’automne, le soleil qui s’éloigne, sa réflexion sur le paysage, les nouvelles couleurs qui apparaissent, et le ciel bleu. J’adore me balader à vélo et profiter des derniers moments de chaleur — parce que je sais que ces moments ne durent pas, ne s’étirent pas. Ici, au Québec, on profite à fond du temps doux, ces quelques mois pendant lesquels ont peut sortir chercher son bloc de tofu au coin de la rue sans avoir l’impression de combattre un choc thermique — parce qu’un Québécois sait ce que les nouveaux arrivants eux ne savent pas au sujet de l’hiver, même s’ils l’ont lû dans leur guide de bienvenu, que le ciel a ben beau être bleu et le soleil briller en février, ça ne rend pas un -30 degrés sous Celsius plus confortable.

Mais pour aujourd’hui, pour cette semaine, j’aime ma ville. J’aime la vie ici. Parler français, me promener dans les coins que j’aime, me sentir familière, me sentir chez moi.

J’aime l’automne, et je pourrais même ajouter que j’ai hâte à l’hiver.

Bon, on s’en reparlera en février. Fin février, quand mon tuyau d’eau chaude sera gelé, et que je devrai me guérir toute seule d’une sinusite parce que les urgences seront bondées.

C’est ça vivre ici.
Si Montréal n’existait pas, il faudrait l’inventer.

Author: m-c

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